Cette composition nous présente le tronc d'un enfant, surplombé par une bombe aérienne sur la tête. Ce travail met en scène un enfant de 5-6 ans, traité par des touches de variantes de gris et bleutées à certains endroits, il semble souriant et regarde le spectateur (du moins le visage est tourné vers celui-ci, car les orbites sont noircis, de ce fait on ne peut pas voir ce qu'il scrute !). Cet enfant est en réalité un autoportrait tiré d'une photographie en noir et blanc me représentant à l'âge de six ans. Nous trouvons à ce travail quelque chose d'inconcevable voir même allant jusqu'au surréalisme! Cet autoportrait n'est pas réalisé avec des artifices glorifiant, en effet nous pouvons voir sur sa tête une bombe aérienne qui est en contradiction avec le traitement du portrait, nous travons à cette bombe quelque chose de cartoonesque, l'auteur a donné vie à cette bombe, qui est ornée d'une large mâchoire aux dents ciselées et d'un ½il schématique presque vindicatif verrouillant sa cible! La bombe a pour référence un requin qui vient dévorer la cervelle de cet enfant (le requin est employé depuis la seconde guerre mondiale comme représentation sur le nez des avions (nose-art) mais aussi sur les bombes!). Cette toile est semblable à un travail de photographie (voir de montage photo), l'enfant sourit pendant qu'une bombe encore fumante et statique lui dévore la tête, de cet impact du sang ou ce qui laisse suggérer du sang vient se répandre, et de surcroit orné d'un environnement très chaotique voir mystérieux (l'arrière plan a été traité à la peinture à l'éponge : juxtaposition de différentes couleurs). Nous retrouvons deux flèches qui viennent pointer la bombe et l'enfant : CANNIBAL BOMB et LITTLE BOY .Ces indications confirment l'interprétation, la bombe a été personnifiée c'est-à-dire qu'elle a le statut d'un requin cannibale assoiffé de sang.
Tandis que la seconde caractérise l'enfant : LITTLE BOY, qui veut dire "le gamin" en français mais un doute subsiste, grâce aux connaissances collatérales "little boy" n'est pas si innocent qu'il veut nous le montrer. Ce nom est une allusion au nom de la première bombe nucléaire employée à des fins d'expérience militaire contre un objectif civil : la ville d'Hiroshima. (C'est en réalité la seconde bombe, la première a été employée en guise "d'essai témoin" Trinity le 16 juillet 1945 à Alamogordo au Nouveau Mexique)
Cet enfant nous laisse de marbre, parce que c'est un enfant donc innocent, il est souriant et ne semble pas être préoccupé par ce qu'il se passe sur ou même dans sa tête! De plus celui-ci est traité par dit précédemment des nuances de gris qui fait référence au travail de l'artiste chinois Yan Pei Ming. Préoccupant, c'est qu'il ressemble à une sorte de zombi, de cadavre encore vivant, ce qui est inconcevable et laisse en nous comme l'indique le titre cette incompréhension (Les accumulations, flèches, différences de traitements semblent être en contradiction). L'instant semble fécond et la suite de l'histoire mise en scène est horrible, l'enfant va se faire désintégrer et ne sera pas reconnaissable : il aura perdu son visage, ce qui fait qu'on le reconnait. Cette bombe vient lui dévorer la cervelle, à cela nous pouvons clairement distinguer que celle-ci vient manger la pensée, l'intelligence, ce qui fait de lui un être pensant : "Je pense donc je suis!" de Descartes n'est pas valable dans cette composition. La bombe descendante rappelle que par la force, on peut asservir tout le monde, mais rappelle aussi l'embrigadement de la pensée ainsi que son contrôle, reconnaitre la pensée unique des régimes totalitaires : Les jeunesses Hitlériennes en Allemagne nazie et les Balilas de l'Italie fasciste. Bref des enfants manipulés afin d'en faire des soldats! Le fait que cela soit un autoportrait est préoccupant mais pourquoi simuler sa propre mort ? Cette question fait parti de cette incompréhension! Mais à cela, on peut y voir un clin d'½il à Hyppolite Bayard qui par un procédé positif direct sur un papier enduit d'iodure d'argent s'est mis en scène : "Il mime sa propre mort!" Une image de fiction.