Ce travail nous montre le buste d'un enfant situé à la renverse, c'est-à-dire la tête en bas, il est orné de lunettes de plongée. A première vue, il semblerait que cet enfant plonge, prêt à réaliser une performance du haut de ce plongeoir. Le problème c'est que l'on retrouve un arrière plan bleuté, traité à l'éponge qui suggère par ces couleurs juxtaposées et organisées de manière verticales un aspect de vitesse, sorte de dynamique, un code qui signifierait que l'enfant chute, une interminable descente vers quelque chose. De là, l'interprétation du corps plongeant est vite éludée pour laisser place à une suite mystérieuse qui mettrait cet enfant en danger, un véritable saut de l'ange. Ce qui nous conforte dans cette idée c'est la flèche qui pointe cet enfant : "HERO !". Ainsi que l'inscription située à peu près vers le milieu de la toile : "GAZA CITY", et de surcroit une flèche rouge pointée vers le bas qui vient désigner quelque chose situé hors-champ visuel. La ville de Gaza, ville palestinienne meurtrie par les bombes israéliennes, un conflit qui dure depuis la création voir la reconnaissance de l'état d'Israël en 1948 (appuyé par les U.S.A) qui est l'aboutissement de la "colonisation juive en Palestine! Ce que nous pouvons interpréter, c'est qu'il s'agit d'un kamikaze qui viendrait mourir en utilisant son corps comme étant une arme, un missile, une bombe humaine! Un geste d'une grande désespérance, c'est l'arme ultime, expérimentée dans le pacifique pendant la seconde guerre mondiale! Repousser l'ennemi par une attaque suicide, ce qui est appuyé par les lunettes qui ressemblent à celles d'un aviateur! Le but étant de faire un maximum de dégâts (on retiendra le triste épisode du 11 septembre 2001). Le protagoniste revient à se détruire, à mourir. Le mot HERO qui caractérise cet enfant fait référence aux super-héros de Marvel ou DC Comics qui influent sur l'imaginaire de l'enfant : "Nous avons tous un jour voulu être un super-héros", c'est un défenseur de la paix, un justicier, ceci pourrait expliquer pourquoi le protagoniste porte des lunettes de plongée qui serait alors un masque, un travestissement! Cet enfant traité avec des nuances de gris, de petites touches qui rappelle le travail précédent prête à confusion : est-il mort ou vivant? De toute façon la question n'a pas lieu d'être car il va "mourir"! Mais c'est peut-être là qu'il faut en venir : Pourquoi se désintéresser d'un peuple qui meurt ? (israélien comme palestinien). C'est ce que l'on peut appeler une banalité, ce que l'on voit tous les jours aux médias! Ce héros n'est qu'en fait "un bouc émissaire", une victime de la guerre, un martyr oublié!